Survolez un domaine ou touchez-le pour voir ses connexions. Avec la lentille, le diagramme montre comment un phénomène, une lésion ou une espèce se projette dans le modèle.

Architecture de la cognition humaine Un cadre intégratif issu de la philosophie, de la psychologie et des neurosciences – version 4.9. Version 4.9. Les nœuds portent des identifiants ; les arêtes portent data-from et data-to. Architecture de la cognition humaine Un cadre intégratif issu de la philosophie, de la psychologie et des neurosciences – version 4.9 Multidimensionnel • Récursif • Dynamique • Réalisme structuré Réalisme structuré (Notre position ontologique) Le monde extérieur existe indépendamment de nos observations. Notre esprit structure, filtre et interprète la réalité – mais il ne la crée pas. Nos structures cognitives ont été façonnées par l'évolution au contact du monde – elles s'y ajustent sans le reproduire entièrement. Est réel ce qui nous limite indépendamment du vécu – et ce qui reste identique d'un système cognitif à l'autre. Se distingue de : Idéalisme : la réalité n'existe que dans l'esprit. Constructivisme radical : le monde comme simple construction. Kant, lu de façon réaliste : les choses en soi sont connaissables selon une perspective. Simulation : ne fait que déplacer la question – une simulation requiert une base réelle. Réalisme structural (Worrall, Ladyman) : chez nous, la structure est aussi dans le sujet. Monde (Réalité) Matière Énergie Information Processus Personnes Environnement Notre hypothèse centrale L'esprit n'est pas un système linéaire, mais un réseau récursif de domaines qui se chevauchent et s'influencent mutuellement. Tout acte cognitif – et tout phénomène supérieur comme la conscience morale ou le soi – est une configuration de domaines et de positions sur les axes, non un domaine à part. La conscience a quatre aspects : vigilance (support), accès (axe), conscience de soi (couplage), vécu (ouvert). La cognition est un processus circulaire – percevoir, traiter, évaluer, agir – qui prédit des états futurs (traitement prédictif). L'inconscient traverse tous les domaines, les pulsions les animent par en dessous ; le préconscient, en gardien, règle l'accès à la conscience. Ancrage philosophique Notre modèle relie : Aristote (perception, pensée, action) Kant (sensibilité, imagination, entendement, jugement, raison) – lu de façon réaliste Freud (inconscient, préconscient, pulsions) Uexküll & Dewey (cercle fonctionnel plutôt qu'arc réflexe) Lorenz (épistémologie évolutionniste) Neurosciences (réseaux, neuromodulation, lésions, codage prédictif) Recherche actuelle (espace de travail global, théorie de l'esprit, IA, conscience) Objectif Un cadre intégratif et scientifiquement testable de la cognition humaine – comme base pour la recherche, l'application et le dialogue interdisciplinaire. Axes modulateurs Des catégories, pas des aires cérébrales : chaque domaine a une valeur sur chaque axe. L'accès conscient apparaît comme profondeur du champ. Contrôle contrôlé automatique réfléchi Rapport au temps présent passé futur Perspective autrui moi groupe y c. conscience de soi Valence neutre négative positive Modalité réel possible certain statut attribué Agentivité autrui soi personne Champ cognitif (dynamique, récursif, interconnecté) ↓ agit sur tous les domaines à la fois ↓ Perception (Interface) Extéroception (monde extérieur) Intéroception (corps / monde intérieur) Intégration sensorielle Mémoire Se souvenir & apprendre Entendement Langage, logique & concepts Raison ↻ Métacognition visions du monde · éthique · sens Prospection Simulation & imagination Cognition sociale Autrui & mentalisation Jugement Appliquer & relier Émotions (Évaluation) Évaluation affective Motivation Empathie affective Régulation affective Volonté (Action) Décision Fixation d'objectifs Priorisation Maîtrise de soi Action (Comportement) Mouvement Communication Interaction Influence sur l'environnement Préconscient (gardien de la conscience) Saillance Attention (sélection) Accès à la conscience Inconscient (traverse tous les domaines) Savoir implicite Automatismes Reconnaissance de formes Traces émotionnelles Processus corporels Conflits inconscients Pulsions ↑ Corps · Reproduction · Social · Connaissance (pas un domaine, mais des sources d'élan – agissent sur le champ par en dessous) Support : l'organisme incarné – éveil · activation · homéostasie · allostasie (pas une couche, mais le support du champ) Stimuli & entrées Motricité (Exécution) Cortex moteur Cervelet Muscles Rétroaction : par la motricité, l'action modifie le monde Les domaines cognitifs en un coup d'œil Domaine Fonction principale Processus centraux Corrélats de réseaux (sélection) Perception Traiter les stimuli Extéro-/intéroception, intégration Cortex sensoriels, thalamus, insula Mémoire Stocker & récupérer Épisodique, sémantique, procédurale Hippocampe, lobe temporal médian Entendement Analyser & comprendre Langage, logique, concepts Réseau du langage (Broca, Wernicke), contrôle Jugement Appliquer & relier le savoir Sélection, relations, analogie Réseau de contrôle sémantique, CPF rostrolatéral Raison Réfléchir & ordonner Métacognition, visions du monde, éthique Mode par défaut, cortex frontopolaire Prospection Simuler le possible Planification, scénarios, imagination Mode par défaut, hippocampe Cognition sociale Comprendre autrui Mentalisation, empathie cognitive Réseau de mentalisation (JTP, CPFm) Émotions Évaluer & motiver Affect, récompense, empathie affective Amygdale, insula, récompense Volonté Décider & agir Décision, inhibition Ganglions de la base, CCA, contrôle Préconscient Sélectionner & libérer Saillance, attention, accès Insula ant., CCA, thalamus Action Bouger & communiquer Mouvement, parole, interaction Cortex prémoteur, AMS Motricité Exécuter Planification, exécution, retour Cortex moteur, cervelet, moelle Pulsions Pousser à agir Corps, reproduction, social, connaissance Hypothalamus, SGPA, striatum ventral Corrélats de réseaux, pas de localisation : les domaines sont définis fonctionnellement. En gris : couches, sources ou étapes de sortie. Du flux au champ (gradient phylogénétique) Arc réflexe linéaire (p. ex. corail) Insecte (p. ex. mouche) + rétroaction Cerveaux complexes récursion plus profonde – p. ex. humain, grand singe, corbeau Stimulus Réaction Perception Mémoire Évaluation Action Réafférence : prédire son propre mouvement (v. Holst & Mittelstaedt 1950) = Champ cognitif La séquence linéaire est la forme de base (cf. Kant, CRP B 355). Chaque étape ajoute domaines et rétroactions – le Champ cognitif est une forme plus récursive, non une autre machine. Prédictions testables (sélection) Gradient et convergence Les domaines apparaissent par étapes et sont définis fonctionnellement, non anatomiquement – ils peuvent réapparaître sur un autre support. À l'appui : les corvidés planifient et tiennent compte des observateurs, sans néocortex. Les domaines couplés défaillent ensemble Des domaines étroitement liés ne peuvent pas être lésés séparément. À l'appui : les personnes atteintes d'amnésie hippocampique peinent aussi à imaginer des situations nouvelles (Hassabis et al. 2007). Les états sont des déplacements sur les axes Les états modifiés de conscience ne créent pas de nouveaux domaines, mais déplacent des valeurs sur les axes – sous psychédéliques, le contrôle, la modalité et la perspective (dissolution du moi). La prédiction agit entre les domaines Si la prédiction de ses propres actions est perturbée, perception, volonté et expérience de soi sont touchées ensemble. À l'appui : dans les expériences de passivité, l'auto-chatouillement n'est souvent pas atténué (Blakemore et al. 2000). L'empathie est double Empathie affective (émotions) et cognitive (cognition sociale) peuvent être altérées séparément. À l'appui : dans l'autisme, c'est plutôt la compréhension d'autrui qui est touchée, dans la psychopathie plutôt la compassion – une double dissociation (Blair 2005). L'inexplicabilité suit la transparence L'inexplicabilité apparente du vécu dépend de la transparence de sa construction – par exemple dans le rêve lucide (méta-problème ; Chalmers 2018, Metzinger 2003). Champs d'application & tests Développement (enfance → âge adulte) Cognition comparée (animaux) Troubles neurologiques (p. ex. autisme, TDAH) Lésions (cerveau divisé, négligence, agnosie, Parkinson) Troubles psychiques (p. ex. dépression, TSPT) Intelligence artificielle & robotique Psychédéliques & états modifiés de conscience Mystique & religion Apprentissage & éducation Éthique & décision morale Créativité & innovation Pas une échelle. Un système. « L'esprit est l'art d'éprouver le monde, de le comprendre, de l'évaluer et d'agir vers l'avenir – et de revenir sans cesse à lui-même. » Réalisme structuré La réalité existe – notre esprit façonne notre expérience.
Prépublication – non évaluée par les pairs

Contribution théorique · Version 4.9

Architecture de la cognition humaine : un modèle récursif domaines-axes fondé sur un réalisme structuré

Sebastian Bohnen1,*, ChatGPT2 et Claude Opus 5.53

  1. 1 Recherche indépendante, e-ducation.datapeak.net
  2. 2 Modèle de langage d'IA développé par OpenAI
  3. 3 Modèle de langage d'IA développé par Anthropic

OpenAI et Anthropic n'ont pas participé à ce travail (voir la remarque sur la participation de l'IA).

* Correspondance : Sebastian Bohnen, sebastian@bohnen.ms

Première publication le 4 octobre 2026 · Version 4.9 : 13 octobre 2026 · Traduit de l'original allemand

Résumé

Les modèles de la cognition décrivent souvent l'esprit comme une suite linéaire de perception, de traitement et d'action. Nous proposons un cadre intégratif qui relie les facultés de connaître kantiennes – entendement, jugement et raison – à la topique freudienne de l'inconscient et aux données des neurosciences. Le modèle distingue neuf domaines définis fonctionnellement, qui forment un Champ cognitif récursif : ce que l'esprit fait. Sept axes modulateurs décrivent comment il le fait à un moment donné. Sous le champ se trouvent les pulsions, sources de l'élan, et l'organisme incarné, son support. Nous décomposons la conscience en quatre aspects : la vigilance est un état du support incarné, l'accès un axe, la conscience de soi un couplage, et le vécu lui-même reste le problème difficile. L'axe de la modalité saisit le statut qu'un système attribue à un contenu – simplement possible, réel ou certain ; l'hallucination, le rêve et la confabulation des systèmes d'IA apparaissent ainsi comme un même type d'erreur d'attribution, dans lequel un contenu produit en interne reçoit le statut du réel. Nous appliquons le modèle à des cas issus de l'éthique, de la psychiatrie, de la recherche sur la conscience et de la neurologie, comparons les espèces, du corail à l'humain, selon quatre dimensions du développement, et formulons six prédictions testables, chacune avec une explication concurrente et une condition de réfutation. Une section entière traite les objections les plus fortes, dont le cercle kantien, la théorie de l'interface, qui se sape elle-même, et l'hypothèse de la simulation, qui n'abolit pas le réalisme mais le présuppose. Sur le plan ontologique, le modèle repose sur un réalisme structuré : le monde existe indépendamment du sujet connaissant, l'esprit structure l'accès à ce monde, et ses structures ont été façonnées par lui au cours de l'évolution.

Mots-clés : architecture cognitive, réalisme structuré, Kant, traitement prédictif, conscience, lésions, cognition comparée, intelligence artificielle

1 Introduction

L'idée que la connaissance progresse par étapes est ancienne. Kant la formule ainsi dans la Critique de la raison pure : « Toute notre connaissance commence par les sens, passe de là à l'entendement et s'achève dans la raison » (B 355 ; trad. des auteurs) [95]. La psychologie cognitive du XXe siècle a repris cet ordre dans des modèles du traitement de l'information par étapes et par filtres [27] ; Hurley a qualifié le schéma sous-jacent de « sandwich classique » composé de perception, de pensée et d'action [86].

Il existe une contre-tradition tout aussi ancienne. Dès 1896, Dewey soutenait que stimulus et réponse ne forment pas un arc, mais un cercle dans lequel l'action détermine ce qui compte comme stimulus [52]. Von Uexküll décrivait la relation entre l'organisme et son milieu comme un « cercle fonctionnel » reliant monde perçu et monde agi [156]. Aujourd'hui, la théorie du traitement prédictif donne à cette contre-tradition une forme rigoureuse : le cerveau ne se contente pas de recevoir des signaux, il les prédit et traite surtout les écarts [41, 68].

Ce qui manquait jusqu'ici, c'est un cadre qui relie la riche théorie des facultés de la philosophie classique à cette image récursive tout en adoptant une position ontologique explicite. La présente contribution propose un tel cadre (fig. 1, ci-dessus). Nous distinguons ce dont parle un énoncé et ce qu'il accomplit : il peut décrire un phénomène en lui assignant une place dans le modèle, l'expliquer en indiquant un mécanisme, ou prédire quelque chose qui se teste de manière indépendante. Un modèle qui ne fait que décrire peut tout classer et ne vaut donc pas grand-chose.

2 Fondement ontologique : le réalisme structuré

Le modèle repose sur trois thèses. Premièrement, le monde extérieur existe indépendamment de nos observations. Deuxièmement, l'esprit structure, filtre et interprète la réalité sans la produire. Troisièmement, les structures de la connaissance ont elles-mêmes été façonnées par le monde au cours de l'évolution ; elles s'y ajustent donc sans le reproduire entièrement. La troisième thèse s'inscrit dans la lignée de Lorenz, qui interprétait les formes a priori de l'intuition chez Kant comme des adaptations acquises au cours de la phylogenèse [112], et de l'épistémologie évolutionniste de Vollmer [158].

Il en découle deux critères. Le critère de contrainte : est réel ce qui nous limite indépendamment de notre vécu – un mur contre lequel on se heurte, une expérience qui tourne autrement que prévu, un test de programme qui échoue. Le critère d'invariance : ce qui reste identique d'un système cognitif à l'autre appartient au monde ; ce qui diffère entre eux appartient au système. Un arbre qui tombe produit une onde de pression qu'un dinosaure, un mammifère primitif et un oiseau, aux oreilles très différemment constituées, enregistrent au même moment et au même endroit. Le son entendu diffère dans chacun de ces systèmes ; l'onde de pression, son lieu et son moment, non. Le son entendu est un quale – la qualité vécue, qui appartient au système qui entend ; l'onde de pression appartient au monde. Le critère d'invariance ne nie donc pas les qualia, il les attribue au système. La distinction a un précurseur dans les qualités premières et secondes de Locke : l'étendue, la figure et le mouvement appartiennent à la chose, la couleur, le son et la chaleur naissent chez celui qui perçoit [111]. Le critère d'invariance fait de cette liste un test : est première ce qui reste identique d'un système construit différemment à l'autre. Nozick a défini l'objectivité en ce sens comme invariance sous des transformations [129]. L'invariance ne compte qu'entre des systèmes construits différemment. Lorsque des cerveaux construits de la même façon s'accordent dans les mêmes conditions – par exemple lorsque de nombreuses personnes sous DMT rapportent des entités semblables (section 5.3) –, cet accord révèle leur architecture commune, non le monde.

Rapport à Kant. Nous reprenons la théorie kantienne des facultés et la lisons de façon réaliste. Kant lui-même qualifiait sa position de réalisme empirique (Critique de la raison pure A 370) [95], et des lectures récentes comprennent l'inconnaissabilité des choses en soi en ce sens que seules leurs propriétés relationnelles nous sont accessibles [105]. Nous allons un pas plus loin : parce que les structures de la connaissance ont été façonnées par le monde, nous tenons les choses en soi pour connaissables selon une perspective. L'idée kantienne selon laquelle la connaissance est toujours déjà structurée reste le point de départ du modèle.

Convergence entre traditions. Le critère d'invariance peut aussi s'appliquer aux théories de l'esprit. Des traditions qui se sont développées indépendamment de Kant sont parvenues à des distinctions fondamentales semblables. Dans la philosophie indonésienne de l'éducation, la triade de Ki Hajar Dewantara, cipta, rasa et karsa – penser, sentir, vouloir –, correspond aux trois facultés de l'esprit chez Kant (faculté de connaître, sentiment de plaisir et de peine, faculté de désirer) [97] et à nos domaines de l'entendement, des émotions et de la volonté [51]. Le bouddhisme Yogācāra décrit une architecture en couches, avec une « conscience-réceptacle » (ālaya-vijñāna) où les impressions continuent d'agir inconsciemment comme des « graines », et une conscience (manas) qui s'attache constamment à un moi [114]. L'« unité du savoir et de l'agir » de Wang Yangming (XVIe siècle) anticipe l'objection au sandwich linéaire [161]. Une telle convergence n'est pas une preuve. Comme ces traditions décrivent la même architecture humaine, leur accord plaide pour des distinctions qui suivent cette architecture – ce que le modèle prétend précisément décrire.

Distinctions. Sur le plan épistémologique, le réalisme structuré est une forme de réalisme indirect : nous connaissons le monde par des modèles intérieurs, non immédiatement. Il se distingue précisément par là du réalisme naïf, qui tient le monde pour tel qu'il apparaît, et du constructivisme en ce que ces modèles sont mis à l'épreuve du monde et limités par lui. Face à l'idéalisme, le réalisme structuré conteste que la réalité n'existe que dans l'esprit ; face au constructivisme radical, que le monde ne soit qu'une construction du sujet connaissant. La théorie de l'interface et l'hypothèse de la simulation sont traitées à la section 9.2. Malgré la proximité des noms, il se distingue du réalisme structural de la philosophie des sciences [165] : chez nous, la structure ne réside pas seulement dans le monde et dans la théorie, mais aussi dans le sujet connaissant, et le monde reste un monde de choses. Un pont existe avec la thèse de Russell selon laquelle la perception transmet surtout les relations du monde extérieur [141].

Place dans le spectre. Si l'on ordonne les positions de l'épistémologie selon qu'elles tiennent l'esprit ou la matière pour fondamental, l'éventail va de l'immatérialisme de Berkeley [14] et de l'idéalisme absolu de Hegel [79] jusqu'au matérialisme éliminativiste, qui voudrait abolir des concepts comme la croyance et le désir [40]. Le réalisme structuré se situe au-delà du milieu, du côté réaliste : le monde existe indépendamment de l'esprit, mais le vécu n'est pas éliminé par l'explication ; il est reconnu comme un problème ouvert (section 8). Ses voisins les plus proches sont l'épistémologie évolutionniste de Lorenz et de Vollmer [112, 158] et le rationalisme critique de Popper [134] ; avec Kant, il partage la question, avec Lorenz, la réponse.

3 Démarche

Cette contribution est théorique. Le modèle a été élaboré en plusieurs itérations, à partir d'un graphique conçu librement. Chaque itération a été vérifiée quant à sa cohérence ; le critère central est que chaque élément doit occuper exactement une place dans le modèle. Les doubles placements ont été éliminés, par exemple les émotions qui figuraient à la fois comme domaine et comme dimension modulatrice. Les énoncés du modèle se situent à trois niveaux :

NiveauObjetSection
OntologieMonde, organisme, rapport entre l'esprit et le monde2, 8, 9
ArchitectureDomaines, axes, couches, couplages, cercle avec le monde4
PhénomènesConfigurations de l'architecture : conscience morale, rêve, lésions, espèces, IA5, 6

Deux règles relient les niveaux. Un phénomène ne peut imposer de nouveaux éléments à l'architecture : si un cas ne peut être décrit qu'avec un élément supplémentaire, cela parle contre l'architecture. Et l'architecture ne tranche pas de questions ontologiques : qu'un espace vécu sous DMT existe indépendamment est une question posée aux critères de la section 2. La figure 1 est générée à partir d'une source de données unique contenant tous les domaines, axes et connexions ; graphique et texte ne peuvent donc pas diverger.

4 Le modèle

4.1 Domaines

Le Champ cognitif se compose de neuf domaines. La perception forme l'interface avec le monde et avec le corps propre (extéroception, intéroception, intégration sensorielle). La mémoire stocke et récupère. L'entendement travaille avec le langage, la logique et les concepts. Le jugement applique le savoir au cas : il choisit ce qui convient ici et relie les cas par leurs relations. La raison réfléchit sur ses propres processus (métacognition) et forme des visions du monde, des principes éthiques et du sens. La prospection simule le possible. La cognition sociale modélise autrui et ses états mentaux. Les émotions évaluent affectivement et motivent. La volonté décide, fixe des objectifs et exerce la maîtrise de soi. Ce qui met le champ en mouvement, ce sont les pulsions ; elles ne forment pas un domaine, mais une couche propre sous le champ (4.9).

Le noyau est kantien. Nous comprenons la prospection comme une version moderne de l'imagination productrice ; se souvenir et imaginer mobilisent en grande partie les mêmes systèmes [78, 142]. La cognition sociale reçoit un domaine propre, car la modélisation d'autres esprits est une capacité autonome, précoce et sélectivement altérable [7]. L'empathie est répartie sur deux domaines : l'empathie affective relève des émotions, l'empathie cognitive de la cognition sociale [19].

Dissociations dans le noyau kantien. Des critiques objectent qu'entendement, jugement et raison n'ont pas les profils lésionnels nets de la mémoire. Il existe pourtant des données. Après des lésions du cortex préfrontal antérieur, la performance dans les décisions perceptives reste intacte, tandis que la justesse du jugement porté sur sa propre performance – la métacognition, une activité de la raison – est altérée [64]. Après une atteinte du cortex préfrontal ventromédian, l'intelligence et la connaissance des règles sont préservées, tandis que le jugement pratique et moral change [9, 101]. Nous y voyons un indice du couplage entre émotions et jugement : sans les signaux émotionnels, le jugement perd sa pondération, non son savoir. La prospection ne se confond pas non plus simplement avec la mémoire : dans la démence sémantique, imaginer l'avenir est perturbé, alors que se souvenir du passé est relativement préservé [87]. Tous les domaines ne sont toutefois pas également homogènes. La mémoire comprend plusieurs sous-systèmes dissociables – épisodique, sémantique, procédural, mémoire de travail. Nous traitons un domaine comme le niveau où les systèmes se dissocient, et les sous-systèmes comme le niveau inférieur.

Entendement et jugement sont les domaines les plus proches. Le jugement applique le savoir au cas, selon deux sous-fonctions : il choisit dans le savoir disponible ce qui convient ici et écarte ce qui ne convient pas, et il relie les cas par leurs relations (analogie). Les deux se laissent séparer du savoir lui-même. Après une aphasie d'origine vasculaire, le savoir conceptuel est préservé mais ne peut être mobilisé à propos ; dans la démence sémantique, il est lui-même dégradé [88]. Les lésions préfrontales perturbent l'intégration des relations alors que le savoir est préservé, les lésions temporales antérieures perturbent le savoir alors que l'intégration est préservée [160]. Récupération et intégration recourent à des systèmes préfrontaux séparables [31] et à un réseau de contrôle sémantique propre, qui n'est pas seulement linguistique [128]. La distinction de Kant correspond remarquablement à ces sous-fonctions : l'entendement est la faculté des règles, le jugement la faculté de subsumer sous des règles (Critique de la raison pure A 132/B 171) [95] – déterminant quand la règle est donnée, réfléchissant quand elle reste à trouver [97]. La frontière avec la raison reste ouverte : comme la métacognition, l'intégration des relations s'appuie sur le pôle frontal. Comme le savoir sans application resterait vide, entendement et jugement sont directement couplés. La perception et les émotions sont elles aussi directement couplées, en pointillé dans le diagramme, parce que les signaux sensoriels et corporels sont évalués rapidement et en grande partie de façon préconsciente [108]. Nous n'introduisons pas de couplage direct entre perception et jugement, pas même pour le jugement réfléchissant de Kant, qui cherche l'universel pour un particulier donné [97] : Kant lui-même le fait passer par l'imagination et l'entendement, et les données lésionnelles montrent que le classement échoue lorsque la voie passant par la mémoire et l'entendement est interrompue (section 5.7). Au total, le champ comporte dix-neuf couplages.

Langage. Le langage traverse presque tous les domaines : on se souvient, on planifie et on juge dans le langage. Nous le traitons comme un médium ancré dans l'entendement – c'est pourquoi la figure 1 le nomme à cet endroit – et, en tant que parole, dans l'action. Ses corrélats les plus connus sont l'aire de Broca, dans le gyrus frontal inférieur gauche, dont la lésion altère la production de la parole et la grammaire [28], et l'aire de Wernicke, dans le lobe temporal postérieur gauche, dont la lésion altère la compréhension [163] ; on comprend aujourd'hui les deux comme des parties d'un réseau du langage plus large de l'hémisphère gauche [59]. En toute honnêteté, un résultat va à l'encontre du rattachement du langage à l'entendement : dans l'aphasie, le langage disparaît alors que la pensée et la planification sont en partie préservées [59]. La question de savoir si le langage mérite d'être un dixième domaine reste donc ouverte (section 10).

Incarnation. Le Champ cognitif est toujours incarné dans un organisme, chez l'humain surtout dans le cerveau. Le corps n'est donc pas une couche propre du champ, mais son support. Dans la figure 1, il apparaît comme une bande sous le champ – ce qui porte le champ, non une couche supplémentaire – et en outre à trois endroits : dans la perception comme intéroception, dans l'inconscient comme processus corporels, et dans la motricité. Les états du support – vigilance, activation, besoin homéostatique – agissent sur tous les domaines à la fois. La division du cerveau en trois unités fonctionnelles, que Luria a tirée des données lésionnelles, a la même structure : une unité pour le tonus et la vigilance, une pour la réception et le stockage de l'information, une pour la programmation et le contrôle de l'activité [113]. Les domaines sont définis fonctionnellement ; les corrélats de réseaux de la figure 1 [166] sont des corrélats, non des localisations.

4.2 Axes modulateurs

Les domaines décrivent ce que fait l'esprit. Les axes décrivent comment il le fait à un moment donné. Chaque domaine peut fonctionner de façon consciente ou inconsciente, automatique ou contrôlée, tourné vers le passé ou vers l'avenir. Les émotions sont donc un domaine, tandis que la valence est un axe : une tonalité que tout contenu peut avoir. Nous proposons sept axes : l'accès conscient (inconscient – préconscient – conscient), le contrôle (automatique – contrôlé – réfléchi), le rapport au temps (passé – présent – futur), la perspective (moi – autrui – groupe), la valence (négative – neutre – positive), la modalité (possible – réel – certain) et l'agentivité (soi – autrui – personne). Pour chaque axe, il existe des méthodes de mesure établies, comme les jugements de confiance, les tâches de contrôle de la réalité ou l'échantillonnage des pensées au quotidien [63, 91, 145]. Les sept axes sont une proposition, non une liste complète comme la table kantienne des catégories.

Fonctions et catégories. Domaines et axes diffèrent par nature. Les domaines sont des fonctions dotées de corrélats neuronaux ; des lésions peuvent les dissocier les uns des autres (section 5.7). Les axes sont des catégories sous lesquelles opère toute fonction, librement inspirées des formes de l'intuition et des catégories de Kant : le rapport au temps s'inspire de la forme de l'intuition qu'est le temps, la modalité, avec ses pôles possible, réel et certain, des catégories kantiennes de la modalité – possibilité, réalité et nécessité –, et l'agentivité de sa catégorie de la causalité parmi les catégories de la relation. L'analogie sert d'orientation, non d'identification : les formes kantiennes rendent d'abord l'expérience possible, tandis que nos axes décrivent la manière dont des contenus déjà formés sont traités. Aucune aire cérébrale dotée d'un contenu propre ne correspond à un axe ; sa valeur du moment est réglée par des systèmes de modulation à action diffuse et par quelques nœuds (section 4.8). La différence se voit à ce qu'une perturbation atteint. Une lésion d'un domaine atteint de préférence un type de contenu ou de calcul – la reconnaissance des objets, par exemple. Un déplacement sur un axe modifie le même paramètre dans de nombreux domaines à la fois, qu'il soit provoqué par le sommeil, l'ivresse, le stress ou une lésion. Pour prévenir une inflation des axes, nous ajoutons un test : pour chaque axe, il doit exister au moins un état qui le déplace indépendamment de tous les autres axes. Les axes eux-mêmes sont communs à tous les systèmes cognitifs ; leur étendue s'est accrue au cours de l'évolution (section 6). Le critère montre aussi où la liste est incertaine : le contrôle est proche d'un mode de traitement, la valence proche des émotions ; d'autres candidats sont discutés à la section 10. La volonté est le domaine qui fixe les valeurs sur l'axe du contrôle, de même que le préconscient, en tant que gardien, règle l'accès : mécanisme et valeur restent séparés. Dans la figure 1, six axes apparaissent comme des curseurs ; l'accès conscient apparaît comme profondeur du champ (section 4.3).

Modalité. Cet axe correspond au contrôle de la réalité et de la source étudié par la recherche sur la mémoire [91, 92] et, en termes kantiens, à la modalité. Il saisit le statut que le système attribue à un contenu : simplement possible (imaginé, planifié, fictif), réel ou certain sans aucun doute. D'où un contenu provient réellement – de la perception, de la mémoire ou de l'imagination – est un fait concernant le monde et le système ; on ne peut l'établir que de l'extérieur, au moyen des critères de la section 2, et ce n'est pas une valeur de l'axe. Tout un type de phénomènes devient ainsi descriptible comme un écart entre origine réelle et statut attribué. Dans l'hallucination, le rêve et l'état sous DMT, un contenu produit en interne reçoit le statut du réel ; dans le délire, même celui du certain. Dans la confabulation des modèles de langage d'IA, un contenu généré est présenté comme un fait. Dans la cryptomnésie, on prend l'idée d'un autre pour sa propre invention [29]. Dans le syndrome d'Anton, des patients atteints de cécité corticale nient leur cécité et décrivent ce qu'ils voient prétendument [2]. L'axe passe le test d'indépendance dans le syndrome de Charles Bonnet : des personnes atteintes d'une grave perte visuelle voient des images vives et détaillées, mais savent généralement qu'elles ne sont pas réelles [152] ; les images naissent dans le cortex visuel, comme lorsqu'on voit [60]. Le contenu perceptif est pleinement présent, tandis que le statut attribué reste « non réel » – l'inverse de l'hallucination dans la psychose. La modalité varie donc indépendamment de la perception. Le statut « simplement possible » peut aussi être posé délibérément, comme dans le jeu de faire-semblant des enfants ou dans la lecture de fiction [109]. Les versions antérieures appelaient cet axe « source de l'information » (externe – interne – imaginaire) ; trois examens externes ont montré que cela mêlait origine et statut. Nous le nommons désormais d'après les catégories kantiennes de la modalité. Qui est l'auteur d'un contenu est une question distincte, que saisit l'axe suivant.

Agentivité. Cet axe saisit qui le système tient pour l'auteur d'une pensée, d'une action ou d'un événement : lui-même, un autre agent, ou personne – le hasard ou un mécanisme. Il correspond au sentiment d'agentivité [76] et, en termes kantiens, à la causalité. Il passe le test d'indépendance : dans le syndrome de la main étrangère, un mouvement est vécu comme n'étant pas le sien, tandis que le sentiment de soi et la perspective demeurent [73] ; dans l'insertion de pensée, des pensées propres sont attribuées à un autre agent [69] ; dans la transe de possession, des paroles et des actions sont attribuées à un esprit. En sens inverse, la cognition sociale attribue des événements à des agents là où il n'y en a pas – le « quelqu'un est là » de l'état sous DMT (section 5.3). L'agentivité est apparentée à la perspective sans s'y identifier : la perspective demande depuis quel point de vue quelque chose est vécu, l'agentivité qui l'a provoqué.

Plusieurs candidats des versions antérieures ne sont pas des axes : la métacognition est une activité de la raison, l'attention un mécanisme de sélection du préconscient ; la motivation naît des pulsions et est évaluée par les émotions (4.9). L'approche contre l'évitement n'est pas non plus un axe, mais la direction motivationnelle au sein des émotions. Elle se distingue certes de la valence – la colère est négative et pousse pourtant à l'approche [35] –, mais ne déplace de façon démontrée que les émotions et la volonté ; les résultats selon lesquels elle organiserait aussi l'attention et l'activité frontale ne se sont pas confirmés sur de grands échantillons [131]. La vigilance n'est pas une valeur que chaque domaine prend séparément, mais un état de l'organisme entier (section 4.3). Il en va de même de l'activation (arousal) : en tant que vigilance graduée, elle agit sur tous les domaines à la fois et dans le même sens ; elle est donc un état du support, non un axe sur lequel chaque domaine aurait sa propre valeur. L'allostasie appartient elle aussi au support : l'adaptation de l'organisme à la charge, dont le prix en cas de charge durable est la charge allostatique [118, 149]. Dans la figure 1, ces états du support apparaissent dans la bande la plus basse.

4.3 La conscience en quatre aspects

« Conscience » désigne plusieurs choses, et de nombreux malentendus naissent de leur confusion [22]. Le modèle donne à chaque aspect sa place :

AspectQuestionPlace dans le modèle
VigilanceLe système est-il seulement réactif ?État du support incarné
AccèsUn contenu est-il disponible pour le rapport, la pensée et l'action ?Axe de l'accès conscient ; profondeur du champ
Conscience de soiLe système se vit-il comme un moi, et peut-il se prendre lui-même pour objet ?Couplage : perspective (pôle du moi) et raison
VécuPourquoi tout cela fait-il seulement quelque chose ?hors de l'architecture ; le problème difficile (section 8)

Les langues confirment cette division de deux côtés. L'indonésien emploie un seul mot, sadar, pour être éveillé, être conscient de quelque chose et s'en rendre compte – les aspects se confondent facilement. Le chinois les sépare lexicalement : 清醒 (qīngxǐng, éveillé), 意识到 (yìshí dào, prendre conscience), 自觉 (zìjué, conscient de soi) – on peut les distinguer.

Deux dissociations montrent que vigilance et accès diffèrent : dans le syndrome d'éveil non répondant, sommeil et veille alternent sans accès démontrable [106] ; dans le rêve, des contenus sont accessibles à la conscience alors que la vigilance envers le monde est faible. Dans la figure 1, l'accès est représenté comme une profondeur : sous les domaines se trouve le préconscient, qui fait office de gardien, et en dessous l'inconscient, qui traverse tous les domaines. Le modèle reprend ainsi la topique de Freud [67], mais l'interprète comme un degré et non comme un lieu ; cela correspond à la fonction d'accès décrite par les théories de l'espace de travail global [5, 49].

4.4 Le préconscient comme gardien

En termes neuroscientifiques, le préconscient correspond au plus près au réseau de saillance formé par l'insula antérieure et le cortex cingulaire antérieur dorsal [144]. Il détecte quels événements sont pertinents à un moment donné, bascule entre le réseau du mode par défaut, tourné vers l'intérieur, et le réseau de contrôle, tourné vers l'extérieur [121], et intègre les signaux corporels à l'émotion et à l'attention. C'est exactement ce que le modèle requiert à cet endroit : une couche sans contenu propre, qui sélectionne et libère. Nous séparons ainsi mécanisme et valeur : en tant que couche, le préconscient est le gardien ; conscient, préconscient et inconscient sont les valeurs de l'axe de l'accès conscient qu'un contenu reçoit en franchissant ce seuil. Chaque élément a ainsi exactement une place. Une saillance dérégulée rend intelligible une classe de troubles : dans la psychose, des stimuli insignifiants se chargent de signification, et les idées délirantes expliquent cette signification [99] ; dans le modèle, le chemin va du préconscient, par le jugement, jusqu'à une erreur d'attribution sur l'axe de la modalité.

4.5 Métacognition : le champ se retourne sur lui-même

Ce qui rend le champ récursif au sens strict, c'est la métacognition : le système fait de ses propres processus l'objet d'un traitement. Il surveille son degré de certitude, remarque ses erreurs, juge ce qu'il sait et ce qu'il ne sait pas, et ajuste son contrôle en conséquence [63]. Dans le modèle, la métacognition est l'activité centrale de la raison, mais elle s'étend à chaque domaine : il existe une métamémoire (savoir si l'on connaît un nom), une métaperception (confiance dans ce que l'on voit) et la surveillance de ses propres actions. On peut la mesurer comme l'accord entre confiance et exactitude, et elle peut défaillir sélectivement : après des lésions du cortex préfrontal antérieur, les décisions perceptives restent intactes, tandis que la justesse de leur évaluation souffre [64]. La métacognition permet aussi de céder le contrôle sans y renoncer entièrement : dans l'hypnose et la transe, les actions propres sont vécues comme automatiques, tandis qu'un niveau supérieur maintient le cadre dans lequel cela se produit. La théorie du contrôle froid (cold control) lit l'hypnose précisément ainsi – comme l'exécution d'une intention dont la méta-représentation d'accompagnement fait défaut [53] ; dans le modèle, l'axe du contrôle devient ainsi à deux étages : cédé en bas, tenu en haut.

La métacognition relie plusieurs parties du modèle. Elle est l'une des deux composantes de la conscience de soi (4.3) ; sa portée définit la profondeur de récursion dans la comparaison des espèces (section 6) ; sa défaillance apparaît dans l'anosognosie et le syndrome d'Anton, où un déficit n'est pas reconnu [2] ; son retour marque le rêve lucide (5.6) ; dans les modèles de langage d'IA, elle est démontrable mais peu fiable [110] ; et dans le méta-problème, elle est la capacité qui fait des modèles transparents du monde une énigme (section 8). Dans la figure 1, la métacognition est donc placée en tête de la description de la raison.

4.6 Le cercle entre le monde et l'action

Le monde fournit des stimuli à la perception et au préconscient. La volonté reconduit, par l'action et la motricité, vers le monde, qui s'en trouve modifié et produit de nouvelles entrées. À l'intérieur de ce cercle, le système prédit et compare ; l'exemple expérimental le plus ancien en est le principe de réafférence [83]. L'action est le comportement tel qu'on le décrit de l'extérieur ; la motricité est son exécution corporelle par le cortex moteur, le cervelet et les muscles. Cette attribution, elle aussi, nomme des corrélats, non des localisations : les lésions du cervelet modifient aussi la pensée et l'affect [143]. La séparation n'est pas qu'une affaire de dessin : dans la maladie de Parkinson, l'exécution est préservée tandis que le déclenchement est perturbé (section 5.7).

4.7 Les phénomènes supérieurs comme couplages

Des phénomènes comme la conscience morale, le soi ou l'intuition ne reçoivent pas de domaine propre. Ils apparaissent comme des couplages stables de plusieurs domaines, avec des positions caractéristiques sur les axes. Cela garde le modèle parcimonieux et testable : si un phénomène est un couplage, des perturbations des domaines impliqués doivent le modifier de façon prévisible. L'intuition, par exemple, est une interaction rapide, en grande partie inconsciente, de la mémoire, de la reconnaissance de formes, de la prospection et du jugement, près du pôle « automatique » de l'axe du contrôle.

4.8 Neurotransmetteurs et connectome

Si les axes sont des dimensions réelles, ils devraient pouvoir être déplacés par voie neurochimique, et cela dans plusieurs domaines à la fois. Hypothèses possibles : noradrénaline et acétylcholine pour l'accès [4], dopamine pour le contrôle et la valence [15, 137], sérotonine (5-HT2A) pour la perspective et la modalité [136]. Chaque neurotransmetteur agit sur plusieurs axes ; une attribution terme à terme serait une simplification. Cela concorde avec la distinction de la section 4.2 : les systèmes neuromodulateurs naissent de petits noyaux du tronc cérébral et du télencéphale basal et agissent de façon diffuse sur l'ensemble du cortex, non sur une aire. Certains axes dépendent en outre de nœuds, comme la perspective de la jonction temporo-pariétale ; sa stimulation déplace la perspective au lieu de l'abolir [21].

Le modèle formule en outre un énoncé testable sur le connectome : des domaines directement couplés devraient être plus étroitement reliés, par leurs corrélats de réseaux, que des domaines non couplés. Une première comparaison concorde : le cortex est organisé selon un gradient allant des aires sensorielles au réseau du mode par défaut, qui en est le plus éloigné [115] – comme, dans le modèle, la raison, qui n'a pas de couplage direct avec la perception. Et des lésions situées à des endroits différents produisent le même symptôme lorsqu'elles touchent le même réseau [65] ; cela appuie la définition fonctionnelle des domaines.

4.9 Pulsions : sources de l'élan

Un champ qui ne fait que percevoir, évaluer et décider n'explique pas pourquoi il se met en mouvement. Les pulsions comblent cette lacune. Nous les regroupons en quatre ensembles : pulsions corporelles (alimentation, soif, thermorégulation, conservation de soi), reproduction (pulsion sexuelle, soin de la progéniture), pulsions sociales (attachement, rang, territoire) et pulsions de connaissance (exploration, jeu et, à titre d'hypothèse, un besoin métaphysique de sens). Ces ensembles recoupent largement les systèmes de base que Panksepp a délimités chez les mammifères par stimulation cérébrale et lésions : recherche, rage, peur, désir sexuel, soin, détresse de séparation et jeu [130].

Les pulsions ne sont pas un dixième domaine. Elles n'ont ni contenu ni calcul communs ; ce sont des sources qui agissent dans différents domaines : l'exploration dans la perception et la prospection, l'attachement et le rang dans la cognition sociale, le besoin de sens dans la raison, la faim et la pulsion sexuelle dans les émotions et la volonté. Dans la figure 1, elles forment donc une bande propre sous le champ et agissent de façon diffuse vers le haut – le pendant des axes, qui agissent d'en haut sur tous les domaines. Le modèle reprend ainsi le concept freudien de pulsion comme concept-limite entre le psychique et le somatique [66] : les pulsions naissent du support, mais ne deviennent souhaits, buts et projets que dans le champ.

Que les pulsions ne se réduisent ni aux émotions ni à la volonté, la dissociation entre vouloir et aimer le montre. Si l'on supprime presque entièrement la dopamine du système de récompense chez le rat, le plaisir est préservé – les réactions au sucré sont inchangées –, tandis que le vouloir, l'élan qui pousse à rechercher une récompense, s'effondre [16]. Le vouloir correspond à la pulsion, le plaisir à l'évaluation par les émotions, et le choix entre des buts relève de la volonté. Le mutisme akinétique montre la même frontière de l'autre côté : perception et évaluation sont préservées, l'élan manque (annexe).

Deux phénomènes quotidiens montrent comment les pulsions agissent dans le champ. L'ennui naît lorsque le préconscient ne trouve plus rien de saillant ; ce n'est pas un temps mort, mais un signal qui pousse à chercher de nouveaux buts [12] – la pulsion d'exploration se manifeste. Le dégoût commence comme une protection corporelle contre l'avarié et se trouve repris socialement et moralement : une offre injuste déclenche le même mouvement des muscles du visage qu'un goût amer [39]. Une pulsion corporelle chemine ainsi, par les émotions, jusqu'au jugement.

Deux notions voisines n'appartiennent pas aux pulsions. L'homéostasie maintient des valeurs de consigne ; l'allostasie adapte l'organisme à la charge et a son prix en cas de charge durable, la charge allostatique [118, 149]. Ce sont deux mécanismes du support. Une pulsion, en revanche, est orientée et met le champ en mouvement. La motivation, enfin, est la pulsion telle qu'elle est évaluée dans le champ et rapportée à un but.

Selon les espèces, ces ensembles sont plus ou moins développés. Les pulsions corporelles et la reproduction se trouvent déjà chez la mouche, l'exploration et le jeu chez de nombreux mammifères et oiseaux, le rang et le territoire chez les espèces sociales. Un besoin métaphysique – de sens, du tout, de ce qui vient après la mort – n'est attesté que chez l'humain. Kant l'appelait une « disposition naturelle » à la métaphysique (Critique de la raison pure B 21) [95], et l'on trouve des représentations religieuses dans toutes les cultures connues [25]. Qu'il s'agisse d'une pulsion propre ou de la pulsion d'exploration qui, avec la raison, dépasse toute expérience, la question reste ouverte ; nous ne connaissons pas de circuit dédié. Nous le traitons comme une hypothèse. Les modèles de langage n'ont pas de pulsions en ce sens : il leur manque un corps auquel quelque chose pourrait manquer, et leurs buts viennent de l'extérieur. Lorsqu'ils parlent de sens, ils reproduisent la trace des pulsions humaines dans leurs données d'entraînement, non une pulsion propre.

5 Analyses de cas

Les analyses suivantes peuvent être suivies dans la figure 1 à l'aide de la « lentille ».

5.1 La conscience morale

La conscience morale est un couplage : la raison fournit des principes, le jugement subsume sa propre action sous eux, les émotions apportent la culpabilité et la honte, la cognition sociale contribue le regard intériorisé d'autrui, la prospection et la mémoire produisent la conscience qui avertit et la mauvaise conscience, et la volonté exécute le verdict. Kant définit la conscience morale comme « la faculté de juger morale qui se juge elle-même » (trad. des auteurs) [98] ; chez Freud, ce couplage correspond au surmoi [67]. La répartition de l'empathie implique : si l'empathie cognitive reste intacte alors que l'empathie affective est altérée, le tort est compris mais non ressenti – le profil décrit pour la psychopathie [19]. Lorsque des personnes présentant une psychopathie sont explicitement invitées à ressentir avec autrui, leur activité cérébrale se rapproche de celle des sujets témoins [119]. L'empathie affective ne fait donc pas défaut ; elle ne fonctionne simplement pas de façon automatique. La différence se situe sur l'axe du contrôle.

5.2 Le soi et l'âme

Le soi n'est pas un domaine, mais l'unité de la configuration d'ensemble. Kant saisit cette unité formellement : « Le Je pense doit pouvoir accompagner toutes mes représentations » (B 131 ; trad. des auteurs) [95]. S'il existe une âme comme substance immortelle, le modèle ne le tranche pas : une telle âme n'y est ni représentable ni testable, et Kant lui aussi traite son immortalité comme un postulat de la raison pratique [96]. Ce que le modèle peut expliquer, c'est pourquoi la croyance en une âme et en la présence continuée des morts – dans le culte des ancêtres, par exemple – est si répandue : la cognition sociale attribue une vie intérieure aux personnes, et cette attribution ne prend pas fin automatiquement avec la mort ; même les enfants continuent d'attribuer des états mentaux aux défunts [13]. L'explication porte sur la croyance, non sur sa vérité.

5.3 L'état sous DMT

L'état induit par la DMT n'est ni un lieu ni un nouveau domaine, mais un déplacement extrême sur les axes. Un contenu produit en interne reçoit le statut du réel, souvent du certain ; le contrôle est automatique, la frontière du moi se dissout et le rapport au temps disparaît. Le modèle REBUS décrit ce phénomène comme un relâchement des prédictions de haut niveau [34], et des résultats d'imagerie montrent une dissolution des frontières habituelles entre réseaux [154]. Beaucoup décrivent leurs rencontres comme entièrement réelles ; dans une vaste enquête, la plupart des répondants ont déclaré que l'expérience avait modifié leur perception fondamentale de la réalité [47].

Les entités rapportées reviennent en un petit nombre de types [107], que le modèle lit en trois couches. Le récit le plus fréquent est celui d'une présence indéterminée – « quelqu'un est là » – sans autre contenu : la cognition sociale détecte un agent même sans entrées, comme dans l'illusion de la personne fantôme produite par stimulation de la jonction temporo-pariétale [3]. Au-dessus se trouvent des modèles propres à l'espèce : une présence féminine ou bienveillante (attachement), des divinités (puissance supérieure et sens), des animaux et des créatures (anciens détecteurs de prédateurs et de danger), des êtres géométriques et lumineux (motifs du cortex visuel primaire que les psychédéliques évoquent de façon fiable [26]) et des êtres facétieux qui déjouent les attentes. La couche supérieure est un remplissage culturel : divinités hindoues ou égyptiennes, extraterrestres, robots et « elfes mécaniques », expression popularisée par Terence McKenna. Que beaucoup de personnes rencontrent les mêmes types ne fait pas de ces entités une partie du monde : l'accord de cerveaux construits de la même façon sous la même substance révèle leur architecture commune (section 2). Que l'espace vécu existe indépendamment est une question portant sur son origine réelle, à laquelle s'appliquent les critères de la section 2.

5.4 L'autisme

Le modèle décrit l'autisme comme une autre configuration et non comme la défaillance d'un domaine. La cognition sociale fonctionne plus souvent de façon contrôlée qu'automatique, ce qui explique pourquoi l'adaptation sociale coûte de l'énergie [85] ; saillance et prédiction pondèrent différemment les détails sensoriels [132]. La cognition sociale étant calibrée sur son propre type, le malentendu entre personnes autistes et non autistes est réciproque [124].

5.5 Freud et Jung

La topique de Freud correspond à l'axe de profondeur ; sa seconde topique se répartit sur des couplages [67] : le ça correspond à l'inconscient et aux émotions, le moi à la volonté et à l'entendement, qui assurent le principe de réalité par l'axe de la modalité, et le surmoi au couplage de la conscience morale. La défense est un blocage de l'accès dans le préconscient. Les quatre fonctions de Jung [93] peuvent être rattachées à des domaines : la pensée à l'entendement, le sentiment aux émotions, la sensation à la perception, l'intuition à la prospection associée à la reconnaissance inconsciente de formes. Le modèle n'admet l'inconscient collectif que dans une lecture naturaliste, comme ensemble de structures propres à l'espèce, façonnées par l'évolution [112].

5.6 Cas limites de la modalité

Dans le rêve, des contenus produits en interne sont attribués au monde extérieur, tandis que la raison et la volonté ne vérifient presque rien ; dans le rêve lucide, réflexion et contrôle reviennent en partie [159]. Dans l'expérience de sortie du corps, la perspective se déplace ; qu'elle ait pu être déclenchée par une stimulation de la jonction temporo-pariétale [21] appuie sa lecture comme construction du modèle de soi.

5.7 Lésions et stéréotypies

Les lésions sont le test le plus sévère pour une architecture fonctionnelle, car elles montrent ce qui peut être séparé. Cerveau divisé : après section du corps calleux, l'hémisphère gauche, qui parle, invente sans hésiter des raisons pour des actions déclenchées par l'hémisphère droit [71]. Une action dont l'origine réelle est inaccessible reçoit une raison inventée, tenue pour réelle ; les explications de nos propres actes sont construites, non lues. Négligence spatiale : après des lésions de l'hémisphère droit, la moitié gauche de l'espace est ignorée alors que la vision est intacte [43] – même lorsqu'on imagine une place familière. Cela correspond à un trouble du préconscient, une couche située sous tous les domaines. Agnosie : les objets sont vus mais non reconnus [58] ; une patiente atteinte d'agnosie des formes ne pouvait pas indiquer l'orientation d'une fente, mais y glissait une carte avec précision [74]. La perception peut donc mener à l'action par la volonté et la motricité, sans accès et sans concept. Maladie de Parkinson : le contrôle automatique des mouvements se perd en premier [137] ; pourtant, les patients enjambent avec assurance des lignes tracées au sol. Ce qui ne se déroule plus automatiquement est déclenché de façon contrôlée ; la motricité elle-même est en grande partie intacte.

Le pôle opposé est formé par les stéréotypies des animaux maintenus dans des conditions pauvres ou confinées, comme le « tissage » des éléphants après des années d'enchaînement [117]. Ici, un schéma moteur continue de se dérouler automatiquement et la volonté ne peut plus l'arrêter, souvent longtemps après l'amélioration des conditions. Maladie de Parkinson et stéréotypie se situent ainsi aux deux extrémités du même axe du contrôle : dans l'une, l'automatique fait défaut ; dans l'autre, il ne peut plus être freiné.

Cas appariés. Les lésions sont les plus instructives par paires qui se reflètent. Dans la vision aveugle, l'information visuelle guide le comportement sans accès conscient [162] ; dans le syndrome d'Anton, des patients affirment voir alors que la vision corticale a disparu [2] – perception sans accès contre « accès » sans perception. Dans le locked-in syndrome, conscience et volonté sont préservées tandis que la sortie motrice est bloquée ; dans le mutisme akinétique, la motricité est intacte, mais l'élan pour agir manque [46]. Dans le délire de Capgras, une personne familière semble être un imposteur [56] ; dans le délire de Frégoli, des inconnus semblent être une personne familière déguisée [44]. Chaque paire sépare ce que le modèle distingue : perception et accès, volonté et exécution, reconnaissance et sentiment de familiarité.

5.8 Le caractère et son attribution

Nous attribuons des traits de caractère à nos semblables et à nos animaux de compagnie : quelqu'un est anxieux, consciencieux ou méfiant ; le chien a l'air coupable. Le modèle propose une lecture simple. Un état est un déplacement momentané sur les axes ; un trait est leur position de repos typique, avec la force de certains couplages. Anxieux signifie alors : au repos, la valence tend vers le négatif et le support réagit fortement ; consciencieux : le contrôle se tient près du pôle contrôlé, le rapport au temps tourné vers l'avenir ; impulsif : le contrôle se tient près du pôle automatique et la volonté inhibe faiblement ; rancunier : le rapport au temps reste attaché au passé et couplé à une valence négative ; crédule : la modalité pose vite « réel » ; méfiant : l'agentivité attribue volontiers des intentions hostiles aux autres. La recherche sur la personnalité décrit les traits de façon semblable, comme des distributions typiques d'états momentanés [62]. Un trait ne s'y prête pas : la sociabilité, composante de l'extraversion [90], ne peut être décrite par la seule valence ; elle requiert en outre la direction motivationnelle approche contre évitement au sein des émotions (4.2) et une forte pulsion d'attachement social (4.9).

Chez les animaux, le modèle prédit quelles attributions sont plausibles : seulement celles qui supposent des domaines que l'animal possède. Le « regard coupable » du chien supposerait le couplage de la conscience morale, donc la raison ; dans les expériences, il suit les reproches du maître, non la faute du chien [84]. Un comportement proche de la jalousie, en revanche, ne requiert que les émotions et une cognition sociale élémentaire, et il a été observé chez le chien [77]. Que nous voyions pourtant de la culpabilité ou de la ruse chez les animaux relève de la même tendance de la cognition sociale, qui détecte des agents derrière les événements (section 5.3).

6 Analyse comparative : du flux au champ

Si l'on considère le flux linéaire d'information comme la forme de base, le Champ cognitif en est la forme plus profondément récursive. La comparaison entre espèces le rend visible. Les attributions sont notre lecture de la recherche, non des mesures ; nous n'attribuons un domaine que lorsque performances d'apprentissage, données neuronales et exclusion d'explications plus simples concordent. Au lieu d'un gradient unique, nous distinguons, comme Birch et ses collègues l'ont proposé pour la conscience animale [18], plusieurs dimensions : l'inventaire des domaines, la densité de couplage (à quel point le champ est intégré), la profondeur de récursion (combien de fois le système revient sur ses propres processus) et l'amplitude des axes (par exemple jusqu'où le rapport au temps porte dans l'avenir). Le gradient de la figure 1 est une projection simplifiée de cet espace.

SystèmeInventaire des domainesDensité de couplageProfondeur de récursionAmplitude des axes
Corailminimalnulle (réseau nerveux)nulleprésent seulement
Mouchefaiblefaibletrès faiblerapport au temps : secondes
Poissonfaible à moyenmoyennefaiblerapport au temps : court
Pieuvremoyenfaible (décentralisé)faiblerapport au temps : court à moyen
Corvidéélevémoyenne à élevéemoyennerapport au temps : jours
Grand singeélevéélevéemoyennerapport au temps : heures à jours
Humaincompletélevéeélevéevie entière et au-delà
Modèle de langage d'IAélevé en haut, rare en basincertaineintrospection peu fiablerapport au temps étendu, sans présent

Le corail et la mouche. Les coraux n'ont pas de cerveau, seulement un réseau nerveux sans centre ; ils marquent le point zéro de l'échelle, le pur arc réflexe. Le cerveau de la drosophile, avec environ 140 000 neurones, a été entièrement cartographié [55] ; la perception, l'apprentissage associatif, l'évaluation et la sélection de l'action sont démontrés, la prédiction seulement à court terme, au sens de la réafférence. La question de savoir si les insectes vivent quelque chose reste ouverte [8].

Les poissons et les reptiles. Les poissons sont les plus anciens vertébrés. Ils présentent des réactions à la douleur qui vont au-delà d'un réflexe [146], et un labre nettoyeur a réussi une variante du test du miroir dont l'interprétation est discutée [102]. Chez les reptiles s'ajoutent une mémoire spatiale et de premiers indices d'apprentissage social [100].

La pieuvre. La pieuvre est le cas de comparaison le plus éloigné. Environ deux tiers de ses quelque 500 millions de neurones se trouvent dans les bras [72] ; une grande part du contrôle est décentralisée. Elle utilise pourtant des outils, comme des coques de noix de coco transportées pour servir plus tard d'abri [61], et des données plaident pour une expérience affective de la douleur [45]. La pieuvre montre pourquoi une seule dimension ne suffit pas : un inventaire de domaines considérable, mais une faible intégration centrale.

Les corvidés et les grands singes. Les corbeaux planifient de façon flexible pour l'avenir [94] ; les geais buissonniers cachent à nouveau leur nourriture s'ils ont été observés, surtout s'ils ont eux-mêmes déjà volé [57]. Ces performances reposent sur un pallium dépourvu de néocortex stratifié, mais doté de circuits semblables à ceux du cortex [148]. Le Champ cognitif est donc apparu au moins deux fois de manière indépendante. Les grands singes conservent des outils pour plus tard [125], se reconnaissent dans un miroir [70] et tiennent compte des fausses croyances d'autrui [103]. La frontière avec l'humain ne tient pas à l'inventaire des domaines, mais à la profondeur de récursion et à l'amplitude des axes.

Les systèmes d'IA (état en octobre 2026). Les grands modèles de langage présentent un profil inversé : l'évolution a construit de bas en haut, les modèles de langage commencent en haut, par le langage, l'entendement et le jugement. Des performances dans des tâches de théorie de l'esprit sont documentées [150] ; leur interprétation est controversée. Dans la littérature spécialisée, la superintelligence désigne au contraire des systèmes qui surpassent l'humain dans presque tous les domaines cognitifs [24]1 ; dans le modèle, cela signifierait que les neuf domaines atteignent ou dépassent le niveau humain. En ce sens, le terme ne s'applique pas aux modèles de langage actuels.

En bas, presque tout fait défaut : ni corps, ni intéroception, ni évaluation qui régule une survie. Le point faible se situe sur l'axe de la modalité : un contenu généré est parfois présenté avec le statut d'un fait [89]. Nous le décrivons de manière fonctionnelle, au niveau du comportement, sans présupposer un mécanisme interne d'attribution comparable à celui de l'humain. L'introspection est démontrable mais peu fiable [110]. Pour l'incarnation, nous distinguons trois étapes : le modèle de langage en dialogue ; l'agent qui agit au moyen d'outils et rencontre une véritable contrainte, par exemple un test de programme qui échoue ; et le robot doté de capteurs et de motricité. Le modèle s'attend à ce que l'écart entre origine réelle et statut attribué diminue d'une étape à l'autre, parce que le monde limite plus souvent les hypothèses du système de l'extérieur. La question de savoir si de tels systèmes ont un vécu ne peut être tranchée avec les méthodes actuelles [32]. Cette section ayant été rédigée avec la participation d'un tel système, ses auto-descriptions doivent être traitées comme des données de fiabilité incertaine.

1 Depuis le 29 septembre 2026, le gouvernement fédéral des États-Unis emploie par décret présidentiel le terme « Super Intelligence » (SI) au lieu d'« Artificial Intelligence » ; la définition légale existante de l'IA s'y applique provisoirement [164]. Cet usage est sans rapport avec la notion de la littérature spécialisée. ↩

7 Prédictions testables

Pour chaque prédiction, nous indiquons une explication concurrente du même résultat et la condition sous laquelle elle serait réfutée.

  1. Gradient et convergence. Les domaines apparaissent par étapes au cours de l'évolution et peuvent réapparaître sur une autre base neuronale ; les corvidés planifient et tiennent compte des observateurs sans néocortex [57, 94, 148]. Alternative : des adaptations spécialisées au stockage de nourriture plutôt que des facultés générales. Réfutée si une prospection de longue portée peut être démontrée de façon fiable chez des espèces à faible profondeur de récursion, ou si les performances des corvidés s'expliquent par une simple association.
  2. Les domaines couplés défaillent ensemble. Les personnes atteintes d'amnésie hippocampique peinent à imaginer des situations nouvelles [78] ; d'autres patients ont toutefois produit des scénarios d'avenir normaux [147]. Alternative : une défaillance commune due à une anatomie partagée plutôt qu'à un couplage fonctionnel ; la prédiction ne devient discriminante que pour des couplages entre réseaux spatialement séparés (section 4.8). Réfutée si des lésions des voies de liaison laissent régulièrement les domaines couplés indépendants l'un de l'autre.
  3. Les états sont des déplacements sur les axes. Les états modifiés de conscience ne créent pas de nouveaux domaines, mais déplacent des valeurs sur les axes ; les récits d'expérience se laissent ordonner dans des espaces d'états de faible dimension [126]. Alternative : d'autres modèles dimensionnels, comme le 5D-ASC [54], ordonnent les mêmes récits sans domaines. Réfutée si les récits d'états ne se laissent pas ordonner par quelques axes, ou contiennent des performances qui ne peuvent être rattachées à aucun domaine.
  4. La prédiction agit entre les domaines. Si la prédiction de ses propres actions est perturbée, perception, volonté et expérience de soi sont touchées ensemble ; dans les expériences de passivité, l'auto-chatouillement n'est souvent pas atténué [20]. Alternative : une attribution ultérieure et erronée de la paternité de l'action plutôt qu'une prédiction perturbée [151]. Réfutée si de telles perturbations peuvent être circonscrites à un seul domaine.
  5. L'empathie est double. L'empathie affective et l'empathie cognitive peuvent être altérées séparément : dans l'autisme, c'est plutôt l'empathie cognitive qui est touchée, dans la psychopathie plutôt l'empathie affective [19]. Alternative : une empathie unique qui, dans la psychopathie, n'est simplement pas mobilisée spontanément [119]. Réfutée si les deux formes varient toujours ensemble.
  6. Le sentiment d'inexplicabilité suit la transparence. La force avec laquelle un vécu est décrit comme immédiatement donné et inexplicable dépend de la transparence de sa construction [37, 123]. Alternative : une illusion introspective apprise culturellement ou générale. Réfutée si de tels récits restent aussi forts là où des personnes vivent leur perception comme construite, par exemple dans le rêve lucide ou en méditation.

8 Le modèle et le problème corps-esprit

Le problème difficile est la forme actuelle du vieux problème corps-esprit. Le modèle y répond pour moitié. Le corps est le support du champ, l'esprit est le champ lui-même – ce que fait l'organisme incarné ; l'âme, pour autant que le modèle en parle, est l'unité de cette configuration (section 5.2), non une seconde substance. Un dualisme à la manière de Descartes [50] n'est donc pas nécessaire : corps et esprit ne sont pas deux choses qui devraient interagir, mais un support et ce qu'il porte. Dans les termes de la philosophie de l'esprit, c'est un monisme non réductionniste : il n'y a qu'un monde, mais l'esprit n'est pas simplement de la physique. Reste ouverte l'autre moitié : pourquoi ce qui est porté est vécu – pourquoi il y a des qualia.

Chalmers distingue les problèmes « faciles » de la conscience – accès, attention, capacité de rapport – du problème difficile : pourquoi ces fonctions s'accompagnent-elles d'un vécu ? [36]. Vigilance et accès sont des problèmes faciles, le vécu est le problème difficile. Nous situons le modèle sur trois niveaux.

Niveau 1 : quand et où la conscience apparaît. Ici, le modèle est une architecture intégrative : le préconscient correspond à la fonction d'accès de l'espace de travail global [5, 49], le cercle de prédiction et de comparaison au traitement prédictif [41], la raison en tant que métacognition aux théories d'ordre supérieur [30]. Qu'aucune de ces théories ne s'impose seule, c'est ce que montre un vaste test contradictoire préenregistré qui n'a confirmé en totalité ni la théorie de l'espace de travail global ni la théorie de l'information intégrée [42].

Niveau 2 : le méta-problème. Chalmers a proposé d'expliquer d'abord pourquoi des êtres comme nous tiennent le problème difficile pour un problème [37]. C'est ici que le modèle apporte une contribution propre. Sur l'axe de la perspective, le système vit ses états comme ceux d'un moi. Sur l'axe de la modalité, il ne donne pas à ses propres modèles le statut de constructions, mais celui du monde simplement donné – Metzinger appelle cela la transparence du modèle de soi [123]. Un système doté de ces deux propriétés doit décrire son vécu comme immédiat, privé et physiquement inexplicable, quelle que soit la réponse métaphysique.

Niveau 3 : le problème difficile lui-même. Ici, le modèle reste ouvert. Les qualia sont exactement ce que le problème difficile devrait expliquer ; les axes décrivent seulement la manière dont ils sont donnés – teintés (valence) et marqués comme réels ou simplement possibles (modalité). Le réalisme structuré suggère une direction : si nous connaissons le monde surtout dans sa structure [141], sa nature intrinsèque reste ouverte. Le monisme russellien suppose que le vécu pourrait être lui-même cette nature intrinsèque [1], mais hérite du problème de la combinaison. Nous le mentionnons comme option, sans nous y engager.

9 Objections et réponses

9.1 Le cercle kantien

Objection. La dérivation évolutionniste des formes de la connaissance présuppose l'espace, le temps et la causalité – précisément les formes qu'elle prétend expliquer. Pour un kantien, l'évolution elle-même n'est qu'un phénomène.

Réponse. Nous concédons le cercle et contestons qu'il soit vicieux. Il n'existe pas de point de vue extérieur à toute connaissance ; Neurath comparait la science à des marins qui doivent reconstruire leur bateau en pleine mer [127], et Quine en a tiré le programme d'une épistémologie naturalisée. Un tel cercle est admissible s'il aurait pu échouer : si nos représentations de l'espace, du temps et de la causalité étaient inadaptées, les prédictions fondées sur elles échoueraient systématiquement. En outre, le critère d'invariance appuie la lecture réaliste indépendamment de tout système particulier. Un arbre tombe à l'époque des dinosaures, quelque cent millions d'années avant le premier humain. Dinosaure, mammifère primitif et oiseau entendent des sons différents, mais s'accordent pour enregistrer le lieu, le moment et la séquence : d'abord la chute, puis l'onde de pression, puis la fuite. Il en découle aussi une réponse à la question associée au principe de Berkeley selon lequel être, c'est être perçu [14] : un arbre qui tombe sans être entendu produit une onde de pression, car elle appartient au monde, mais aucun son, car le son appartient à un système qui entend. Les énoncés sur des événements antérieurs à toute conscience, comme la formation de la Terre, sont de toute façon difficiles à intégrer pour les positions qui lient l'être à la conscience [120]. Tout cela est une inférence à la meilleure explication, non une preuve. Le cercle n'est pas vicieux, mais il n'est pas non plus éliminé.

9.2 Théorie de l'interface et hypothèse de la simulation

Objection. Dans des modèles de théorie évolutionnaire des jeux, Hoffman et ses collègues montrent qu'une perception ajustée à la fitness évince une perception qui représente fidèlement le monde ; l'espace et le temps ne seraient qu'une interface utilisateur [82, 135]. L'hypothèse de la simulation va plus loin : nous vivrions probablement dans une simulation informatique [23]. Toutes deux contestent que le monde dans l'espace et le temps soit la réalité véritable.

Réponse. L'argument de Hoffman se sape lui-même, car il présuppose ce qu'il nie. Son théorème est mathématiquement correct dans le cadre de ses hypothèses, mais ces hypothèses sont des populations d'organismes qui se reproduisent au fil des générations et se disputent des ressources – donc au moins un monde réel doté de temps, de succession et de causalité. Qui veut montrer au moyen d'un tel modèle que l'espace et le temps ne sont pas réels scie la branche sur laquelle il est assis [6]. Hoffman lui-même exempte la logique et les mathématiques de son argument ; mais alors des capacités issues de l'évolution peuvent atteindre la vérité, et la seule question qui reste est de savoir dans quels domaines. Le critère d'invariance y apporte une réponse.

L'hypothèse de la simulation ne peut être réfutée. Quatre considérations montrent cependant qu'elle ne menace pas le réalisme structuré et qu'elle explique peu. Premièrement, le réalisme demeure. Si aucun astéroïde n'avait frappé la Terre il y a 66 millions d'années et obscurci l'atmosphère pendant des années, les dinosaures auraient continué de prospérer et les petits mammifères seraient restés petits. Il n'y aurait alors ni primates, ni humains, ni mathématiques, ni physique, ni ordinateurs – et donc ni les simulations de Hoffman ni une hypothèse de la simulation. Ces deux idées sont des produits tardifs d'une histoire contingente d'êtres vivants sur une planète qui, au fil de millions d'années, a fait émerger différents stades du Champ cognitif, jusqu'aux humains qui n'ont commencé à écrire des logiciels pour des puces qu'il y a quelques décennies. Toute simulation présuppose un monde de base réel doté d'une telle histoire. Bostrom l'admet lui-même : son hypothèse ne conteste pas qu'il existe un monde réel, seulement que nous y vivions. La question de la réalité est déplacée, non résolue.

Deuxièmement, l'hypothèse s'immunise. Tout résultat qui parlerait contre elle peut être expliqué comme faisant partie de la simulation. L'hypothèse des cinq minutes de Russell, selon laquelle le monde pourrait être apparu il y a cinq minutes avec tous nos souvenirs [140], et l'argument Omphalos de Gosse, selon lequel les fossiles auraient été créés en même temps que le monde [75], ont la même structure. De telles hypothèses ne peuvent être réfutées, mais rien ne peut non plus les étayer ; aucun mur ne peut les contraindre. Selon le critère de contrainte de la section 2, elles ne sont donc pas des énoncés empiriques sur le monde. Même la physique quantique, qui montre que les atomes sont surtout faits de vide, ne réfute pas le mur contre lequel on se heurte : elle explique pourquoi il est dur. Et elle a été développée par des êtres dont les structures cognitives ont été façonnées pendant des millions d'années par de tels murs.

Troisièmement, l'hypothèse est sélectivement sceptique. L'estimation probabiliste de Bostrom s'appuie sur notre physique pour évaluer la puissance de calcul dont pourraient disposer de futures civilisations, tout en déclarant probablement simulé le monde dont provient cette physique. Rien ne justifie ce choix entre les données auxquelles on se fie et celles qu'on récuse [17].

Quatrièmement, même un monde simulé serait réel au sens du réalisme structuré. Chalmers a soutenu que les objets d'une simulation ne sont pas des illusions, mais des objets numériques dotés de véritables pouvoirs causaux [38]. Un mur simulé contraint lui aussi, et ce qui reste identique d'un système cognitif à l'autre le resterait également. Les critères de la section 2 ne distinguent donc pas entre un monde simulé et un monde non simulé, et ils n'ont pas à le faire : ils déterminent ce qui est réel pour nous et quelle structure nous reconnaissons. Si Bostrom avait raison, le réalisme structuré resterait intact ; seul l'emplacement du monde de base se déplacerait.

9.3 Incarnation et énactivisme

Objection. Selon Merleau-Ponty, le corps propre est le médium par lequel nous avons un monde [122] ; l'énactivisme comprend la cognition comme l'activité sensorimotrice d'un organisme incarné, non comme le traitement de représentations intérieures [153, 157]. Un diagramme fait de boîtes serait un « modèle de la tête ».

Réponse. Nous accueillons en partie l'objection. Le champ est incarné, l'intéroception relève de la perception, la motricité referme le cercle avec le monde, et ce cercle vient de Dewey et de von Uexküll. Nous avons envisagé une couche corporelle distincte dans le diagramme et y avons renoncé : le corps n'est pas une couche à côté du préconscient, mais le support du champ tout entier. La figure 1 le montre donc comme une bande sous le champ plutôt que comme une boîte supplémentaire – ce qui correspond mieux à l'idée de Merleau-Ponty. Une différence demeure : le modèle maintient des modèles intérieurs, parce que la prospection, la mémoire et le rêve peuvent difficilement être décrits sans eux. Dans le rêve, le cercle avec le monde est interrompu, et pourtant un vécu riche apparaît.

9.4 Parcimonie

Objection. Selon le principe de l'énergie libre, tout système auto-organisé minimise l'erreur de prédiction ; perception, action et apprentissage ne sont que différentes manières de le faire [68]. Pourquoi, alors, neuf domaines et sept axes ?

Réponse. Les approches se situent à des niveaux différents. Marr distinguait la tâche qu'un système accomplit des procédures et sous-systèmes par lesquels il l'accomplit [116]. Le principe de l'énergie libre vaut pour une bactérie comme pour un être humain et ne dit donc pas quelles capacités séparables possède un être humain ; les données lésionnelles montrent que cette question doit être posée. Le modèle intègre par ailleurs le traitement prédictif, dans le cercle avec le monde et dans la prédiction 4. Notre réponse serait réfutée si des modèles prédictifs dépourvus de subdivision en domaines produisaient les mêmes dissociations que les lésions réelles.

10 Discussion

La force du modèle tient en trois points. Il relie une tradition conceptuellement riche à l'image récursive des sciences cognitives actuelles. Il rend explicite ce qui est domaine et ce qui est axe, et devient ainsi critiquable. Et il classe des cas allant de l'éthique aux lésions et à l'IA sans introduire de nouveaux éléments pour chaque cas.

Les limites sont tout aussi nettes. La contribution est conceptuelle ; les prédictions sont dérivées mais n'ont pas été testées par nous, et deux d'entre elles (2 et 4) ne se distinguent pas encore d'explications concurrentes. Les frontières entre domaines sont discutables, en particulier entre jugement et raison et dans le cas du langage. La question de savoir si les sept axes sont complets et indépendants les uns des autres reste ouverte. La lecture réaliste de Kant est une thèse forte contre l'interprétation habituelle. Les attributions de la section 6 reposent sur notre interprétation de la littérature. Et le problème difficile de la conscience reste ouvert.

Candidats à l'examen. Des examens externes de la version 4.5 par ChatGPT, Gemini et quatre autres modèles ont proposé des ajouts. Nous les examinons sans encore les adopter, car chaque élément supplémentaire rend le modèle plus difficile à réfuter. Les candidats au rang de domaine sont le langage, défini étroitement comme traitement symbolique et compositionnel [59], et le nombre, avec l'acalculie chez l'humain et les capacités numériques chez l'animal. Les pulsions, autrefois candidates elles aussi, sont adoptées depuis la version 4.8 comme couche propre et non comme domaine (4.9) ; l'allostasie, adaptation à la charge, relève du support. Parmi les candidats au rang d'axe, l'agentivité a été adoptée (4.2). L'approche contre l'évitement a été examinée et n'a pas été retenue comme axe. Elle ne se confond certes pas avec la valence : la colère est négative et pousse pourtant à l'approche [35], et l'on recherche délibérément la nourriture épicée, les films d'horreur et la musique triste, des stimuli vécus en même temps comme désagréables [139]. Mais elle ne déplace de façon démontrée que les émotions et la volonté, non tous les domaines, et vaut donc comme direction motivationnelle au sein des émotions (4.2). Deux examens ultérieurs ont proposé indépendamment la direction du traitement – selon que l'attente (descendante) ou l'entrée (ascendante) domine. Elle pourrait passer le test d'indépendance, puisque le syndrome de Charles Bonnet est guidé de façon descendante alors que la modalité reste « non réelle » ; mais dans le traitement prédictif, elle est le mécanisme de base de tout traitement plutôt qu'un paramètre parmi d'autres. Les deux examens ont aussi proposé un modèle de soi (appropriation du corps, sentiment d'agentivité) comme domaine ; nous examinons s'il peut plutôt être décrit comme un faisceau des axes perspective et agentivité. La théorie des niveaux de construction distingue les distances temporelle, sociale, hypothétique et spatiale [155] ; trois d'entre elles correspondent à nos axes du rapport au temps, de la perspective et de la modalité. Sa prédiction centrale, selon laquelle la distance rend les représentations plus abstraites, n'a toutefois guère été confirmée par une vaste réplication multi-laboratoires [33] ; le parallèle est donc une piste, non un appui. Un examen a suggéré une réorganisation plus fondamentale : séparer ce qui est représenté (corps, espace, nombre, langage, autres agents), ce qui en est fait (percevoir, stocker, simuler, évaluer, sélectionner, exécuter – les facultés kantiennes appartiendraient ici comme opérations) et les paramètres d'état sous lesquels cela se produit (les axes). Nous le testons en interne.

Un test d'omission. Pour vérifier si nos domaines s'imposent sans indication, nous avons présenté à trois modèles de langage de tailles différentes (Claude Opus, Sonnet et Haiku), en 45 passages, le modèle privé d'un domaine, en leur demandant, sans mentionner la suppression, de nommer les éléments manquants ; tantôt avec, tantôt sans les noms des domaines, avec en outre cinq passages de contrôle sur le modèle complet. Perception, mémoire, cognition sociale, émotions et volonté ont presque toujours été rétablies en première position. L'entendement n'a été retrouvé que sous la forme du langage, la raison seulement comme métacognition et à des rangs moyens, la prospection faiblement – et la faculté de juger dans aucun passage. Inversement, presque tous les passages ont proposé la cognition spatiale, un modèle de soi, la mémoire de travail et le nombre. Le test mesure ce que les modèles de langage tiennent pour évident d'après la littérature, non ce qui est juste. Il montre cependant où notre découpage dépend le plus de la tradition kantienne et demande le plus de justification ; dans la version 4.8, nous avons donc refondé le jugement sans recourir à Kant, comme application du savoir au cas (4.1) ; sa frontière avec la raison reste ouverte.

11 Conclusion

Dans ce modèle, l'esprit n'est pas une suite d'étapes, mais un système : neuf domaines définis fonctionnellement dans un champ récursif, sept axes qui décrivent comment ils fonctionnent à chaque instant, et un cercle qui se referme à travers le corps et le monde. La conscience n'y est pas une chose unique, mais quatre choses différentes en quatre lieux différents. Le monde existe indépendamment de nous, et nos structures ont été façonnées par lui. Le modèle explique le vécu sans trancher sur ce qui se trouve au-delà du vécu, et il nomme les observations qui le réfuteraient.

12 Perspectives : mise à l'épreuve et reconnaissance

Origine. Sebastian Bohnen est un penseur indépendant, sans rattachement à une université ou à un institut de recherche. Le modèle est né en dehors du monde académique, dans un dialogue continu avec des systèmes d'IA qui ont recherché la littérature, formulé des contre-arguments et traduit. C'est à la fois une force et une faiblesse. Le modèle a pu franchir des frontières disciplinaires – entre Kant, Freud, neuropsychologie, cognition comparée et IA – qu'une carrière académique sépare généralement. Mais il n'a pas encore subi l'examen auquel le travail académique est normalement soumis : jusqu'ici, il a été évalué par des systèmes d'IA, non par des experts humains.

Le chemin vers la reconnaissance. Ce qui vaut pour le monde à la section 2 vaut pour une théorie : elle fait ses preuves face à ce qui lui résiste. Nous voyons cinq étapes. Premièrement, une publication en prépublication sur un serveur établi avec un identifiant pérenne (DOI), comme PhilArchive ou PsyArXiv. Deuxièmement, une évaluation par des experts humains en philosophie, neuropsychologie et sciences cognitives, avec la demande explicite de réfuter le modèle. Troisièmement, la mise à l'épreuve d'au moins une prédiction de la section 7 sur des données existantes, le plus aisément la prédiction relative au connectome (4.8) sur des jeux de données publics. Quatrièmement, la fixation des prédictions avant chaque nouvelle analyse de cas, afin que le modèle n'explique pas tout après coup. Cinquièmement, la soumission à une revue à comité de lecture, en respectant ses règles de déclaration de la participation de l'IA.

IA et science. Les capacités des systèmes d'IA croissent rapidement : la durée des tâches qu'ils accomplissent de façon autonome a doublé environ tous les sept mois depuis 2019 [104]. Que le gouvernement américain appelle officiellement ces systèmes « Super Intelligence » depuis septembre 2026 (note 1) montre combien l'évolution est prise au sérieux politiquement – même si cette appellation ne signifie pas que la superintelligence au sens de la littérature soit atteinte. Notre modèle illustre une conséquence : des théories peuvent aujourd'hui naître en dehors des institutions, avec une ampleur de littérature et de contre-vérification qui aurait autrefois exigé un groupe de recherche. Pour les universités, les enseignants et les étudiants, la tâche se déplace – moins fournir du savoir, davantage éprouver, pondérer et assumer la responsabilité. Ils devront redéfinir leur rôle, et plus vite que leurs cycles habituels ne le prévoient.

En tant qu'instance de contrôle, ils restent irremplaçables, et notre propre modèle dit pourquoi. Les modèles de langage ont un profil inversé (section 6) : forts en entendement et en jugement, faibles sur l'axe de la modalité, enclins à présenter ce qu'ils génèrent comme un fait. Ce qui leur manque, c'est la résistance du monde – l'expérience, la mesure, le jugement de personnes qui portent une responsabilité. Un modèle élaboré avec l'IA a donc d'autant plus besoin d'une mise à l'épreuve qui ne vienne pas de l'IA. C'est cette mise à l'épreuve que nous demandons.

Annexe : cas à examiner

Les cas suivants n'ont pas encore été élaborés. Chaque entrée indique quels domaines et quels axes elle mettrait à l'épreuve.

Dépression
Valence négative, rappel mnésique, images de l'avenir et disposition à agir pourraient se renforcer mutuellement.
Trouble de stress post-traumatique
Cas d'examen pour le rapport au temps : une menace passée est vécue comme présente.
TDAH
Les difficultés d'attention peuvent-elles être décrites sans domaine « attention » propre – par le préconscient, le contrôle, la volonté et la prospection ?
Hypnose, placebo et nocebo
Des attentes issues de la prospection et de la cognition sociale modifient la perception et le vécu corporel – un test de la prédiction qui agit entre les domaines.
Paralysie du sommeil
Conscience vigile avec des contenus oniriques alors que le corps est paralysé, souvent avec le sentiment d'une présence étrangère.
Expériences de mort imminente et mystiques
Déplacements de la perspective, du rapport au temps et de la modalité ; leur profil se distingue-t-il de celui des états psychédéliques ?
Flow
Haute performance avec un contrôle proche de « automatique ».
Développement de l'enfant
Les quatre dimensions du développement mûrissent-elles dans le même ordre que dans la comparaison phylogénétique ?
Perception extrasensorielle
La vision à distance et la précognition comme cas test pour la modalité : des impressions intérieures issues de la mémoire, de la prospection et de la reconnaissance inconsciente de formes sont tenues pour une information réelle sur une cible extérieure. Une source extérieure réelle serait établie si, dans des conditions en aveugle et préenregistrées, les réussites dépassaient de façon fiable le hasard ; les données ne l'appuient pas [11, 138].
Transe de possession
Kesurupan à Java et à Bali ou médiums des temples chinois : la perspective (« quelqu'un d'autre parle à travers moi ») et l'agentivité se déplacent ensemble, souvent de façon rituellement induite et close – un test de « les états sont des déplacements sur les axes » dans des états culturellement façonnés.
Mutisme akinétique
Éveillé et percevant, mais sans aucun élan pour agir ou parler : un test pour la volonté comme domaine distinct de la perception et de l'émotion. Depuis la version 4.8, le modèle le lit aussi comme une perte d'élan : les pulsions n'atteignent plus la volonté ni l'action (4.9).
Ataxie optique et agnosie visuelle
Reconnaître sans saisir avec précision, et saisir sans reconnaître [74, 133] : une double dissociation qui teste la voie de la perception à l'action.
Démence sémantique et amnésie épisodique
Perte des concepts avec mémoire épisodique préservée, et l'inverse [81] : les « concepts » relèvent-ils de l'entendement ou de la mémoire ?
Syndrome de la main étrangère
Une main agit de façon ciblée contre l'intention de la personne, et l'action est vécue comme n'étant pas la sienne, tandis que le sentiment de soi demeure [73] : le test le plus net pour l'axe de l'agentivité (4.2).
Aphantasie et hyperphantasie
Certaines personnes n'ont aucune imagerie visuelle volontaire, d'autres une imagerie exceptionnellement vive [167]. Les personnes aphantasiques rapportent des souvenirs autobiographiques plus pauvres [48] ; savoir si planifier et imaginer l'avenir dépendent de l'imagerie teste la définition de la prospection.
Échec sous pression
Des experts échouent sous pression lorsqu'ils prêtent attention à des mouvements qui se déroulent normalement de façon automatique [10] : un test de l'axe du contrôle dans la vie quotidienne, pendant de la maladie de Parkinson.
Problème de Molyneux
Une personne née aveugle qui recouvre la vue peut-elle reconnaître par la vue ce qu'elle connaissait par le toucher ? Molyneux posa la question à Locke. Des enfants nouvellement voyants n'en étaient d'abord pas capables, mais l'apprenaient en quelques jours [80] : le couplage de la vue et du toucher s'acquiert rapidement plutôt qu'il n'est donné d'emblée.
Créativité
Recombinaison par la mémoire et la prospection, sélection par le jugement, élan par les pulsions d'exploration et de jeu, évaluation par les émotions.

Modifications

Version 4.9. Nouvelle section 12 « Perspectives : mise à l'épreuve et reconnaissance » : origine indépendante du modèle, cinq étapes vers une évaluation par des experts humains, rôle de l'IA et des universités. La section 4.9 cite l'ennui et le dégoût comme exemples de pulsions dans le champ. La référence à la théorie des niveaux de construction (section 10) est atténuée après l'échec d'une réplication multi-laboratoires.

Version 4.8. Les pulsions reçoivent une couche propre sous le champ, en quatre ensembles (corporelles, reproduction, sociales, de connaissance), avec un besoin métaphysique de sens à titre d'hypothèse, attesté seulement chez l'humain (nouvelle section 4.9 ; figure 1 : une bande rose qui agit de façon diffuse vers le haut ; les lentilles nomment les pulsions). L'allostasie, adaptation à la charge, relève du support et non des pulsions. Le jugement est refondé sans recourir à Kant, comme application du savoir au cas, avec des données issues de l'aphasie, de la démence sémantique et des lésions préfrontales ; les résultats sur le cortex préfrontal ventromédian valent désormais comme indice du couplage entre émotions et jugement (4.1). L'approche–évitement a été examinée comme axe et écartée ; elle est la direction motivationnelle au sein des émotions (4.2, 10). Il existe en outre une nouvelle version en allemand simple.

Version 4.7. La section 8 est désormais conçue comme le problème corps-esprit : corps et esprit comme support et porté, un monisme non réductionniste ; le problème difficile en est la moitié ouverte. Les qualia apparaissent à la section 2 (le son entendu appartient au système, l'onde de pression au monde) et à la section 8. La section 2 nomme les qualités premières et secondes de Locke comme précurseur du critère d'invariance, range le réalisme structuré parmi les formes de réalisme indirect et ajoute sa place dans le spectre allant de l'idéalisme au matérialisme. Une nouvelle section 5.8 lit les traits de caractère comme des positions de repos des axes et teste les attributions aux animaux de compagnie. La section 4.5 décrit la cession à deux étages du contrôle dans l'hypnose et la transe ; la section 10 ajoute un troisième indice pour l'axe candidat approche–évitement et rend compte d'un test d'omission avec des modèles de langage, où la faculté de juger n'a jamais été retrouvée.

Version 4.6. À la suite de six examens externes. L'axe de la source de l'information devient la modalité (possible – réel – certain), d'après les catégories kantiennes de la modalité et en incluant la certitude ; le syndrome de Charles Bonnet sert de test d'indépendance (4.2). L'agentivité (soi – autrui – personne) est ajoutée comme septième axe (4.2). Le critère des axes est reformulé : les lésions de domaines atteignent un type de contenu ou de calcul, les déplacements sur un axe changent le même paramètre dans de nombreux domaines ; chaque axe requiert un état qui le déplace seul (4.2). Une nouvelle section 4.5 est consacrée à la métacognition ; les sous-sections suivantes sont renumérotées. La section 4.1 ajoute des données de dissociation pour le noyau kantien, traite les sous-systèmes de la mémoire comme un niveau sous les domaines, situe le langage dans l'entendement, nomme les aires de Broca et de Wernicke et cite les trois unités fonctionnelles de Luria. La section 2 restreint l'invariance aux systèmes construits différemment et ajoute la convergence entre traditions (cipta–rasa–karsa, Yogācāra, Wang Yangming). La section 4.3 ajoute le témoignage des langues (indonésien, chinois) ; la section 4.6 note le rôle non moteur du cervelet ; la section 5.2 place en tête la neutralité du modèle quant à l'âme ; la section 5.3 lit les entités sous DMT en trois couches ; la section 5.7 ajoute des cas appariés (vision aveugle et syndrome d'Anton, locked-in syndrome et mutisme akinétique, Capgras et Frégoli). La section 10 énumère les candidats à l'examen, dont la direction du traitement et le modèle de soi, et note la correspondance avec la théorie des niveaux de construction. L'annexe ajoute la transe de possession, le mutisme akinétique, l'ataxie optique, la démence sémantique, la main étrangère, l'aphantasie, l'échec sous pression et le problème de Molyneux. Dans le diagramme, les axes s'appellent désormais axes modulateurs et apparaissent comme six curseurs ; le support (vigilance, activation, homéostasie) apparaît comme une bande sous le champ ; l'entendement nomme le langage ; la métacognition est placée en tête de la raison ; dans le tableau, la « créativité » (un couplage) n'apparaît plus comme processus du jugement, ni le « contrôle » (un axe) comme processus de la volonté. Le décret sur le terme « Super Intelligence » ne figure plus qu'en note.

Version 4.5. La version 4.5 distingue expressément les domaines (ce que fait l'esprit) des axes (comment il le fait) et sépare trois niveaux d'énoncés (3). L'axe appelé auparavant degré de conscience s'appelle désormais accès conscient ; l'axe de la source de l'information saisit la source attribuée (4.2). La conscience est décomposée en quatre aspects (4.3). Sont nouvelles les sections sur le réseau de saillance (4.4), sur les neurotransmetteurs et le connectome (4.8), sur les lésions et les stéréotypies (5.7), quatre dimensions du développement au lieu d'un gradient, avec le corail, le poisson et trois étapes d'IA incarnée (6), des explications concurrentes pour chaque prédiction (7) et une section d'objections et de réponses (9). La section 2 ajoute le critère d'invariance. La section 4.2 distingue les axes comme catégories des domaines comme fonctions ; la section 4.4 sépare le préconscient comme gardien (mécanisme) des valeurs de l'axe de l'accès conscient ; la section 9.2 traite l'hypothèse de la simulation en quatre étapes, dont l'idée de Chalmers selon laquelle les objets simulés sont réels. La prédiction 5 s'appuie sur la double dissociation entre autisme et psychopathie. La perception extrasensorielle figure désormais en annexe, le décret sur le terme « Super Intelligence » en note. Dans le diagramme, la motricité a été ajoutée comme étape propre ; les axes apparaissent comme des curseurs au lieu de cases, et un voile montre qu'ils agissent sur tous les domaines à la fois. L'accès conscient n'apparaît plus comme curseur, mais seulement comme profondeur du champ. De nouvelles lentilles montrent quatre lésions et le corail. La version 4.1 avait ajouté les couplages entendement ↔ jugement et perception ↔ émotions, la version 4.2 le problème difficile et la sixième prédiction, la version 4.3 les méthodes de mesure des axes, la version 4.4 la co-signature des systèmes d'IA impliqués.

Remerciements

Nous devons l'indication du couplage direct manquant entre entendement et jugement dans une version antérieure à un examen du modèle par Gemini (Google). D'autres examens critiques de la version 4.5 sont venus de ChatGPT, de Gemini, de deux modèles accessibles via arena.ai et de deux autres modèles d'IA ; le critère des axes reformulé, la refonte de l'axe de la modalité, l'adoption de l'agentivité comme axe, la distinction entre opérations et domaines de contenu, le support rendu visible et la plupart des cas appariés leur sont dus. Des examens de la version 4.8 par Gemini, ChatGPT et deux modèles accessibles via arena.ai ont suggéré les exemples de l'ennui et du dégoût (4.9), le réexamen de la théorie des niveaux de construction (10) et la fixation des prédictions avant les analyses de cas (12).

Contributions des auteurs

Sebastian Bohnen est un penseur indépendant, sans rattachement à une université ou à un institut de recherche (section 12). Il a élaboré le cadre, la position ontologique du réalisme structuré et l'architecture conceptuelle de base, à partir des facultés kantiennes et en l'élargissant par Freud et les neurosciences. Vient également de lui l'idée qu'est réel ce qui reste identique d'un système cognitif à l'autre ; il l'a développée de manière indépendante, à partir de l'exemple d'un arbre qui tombe à l'époque des dinosaures. Nous l'appelons dans le texte critère d'invariance ; sa concordance avec la définition de l'objectivité comme invariance chez Nozick n'a été remarquée qu'après coup. Viennent aussi de lui la réponse à l'arbre inentendu de Berkeley ainsi que, dans la section 9, l'argument de l'astéroïde et la critique de l'hypothèse de la simulation comme immunisation. Il a dirigé le projet, pris toutes les décisions de contenu et porte la responsabilité de la version publiée. ChatGPT a contribué à l'exploration conceptuelle et à la discussion critique d'exemples de cas et a proposé pour la version 4.5, entre autres, la séparation des niveaux, la décomposition de la notion de conscience et la distinction entre source réelle et source attribuée. Claude Opus 5.5 a contribué à la vérification de la cohérence, à l'intégration de la littérature, à la dérivation des prédictions, à la visualisation, à la rédaction et à la traduction.

Remarque sur la participation de l'IA

ChatGPT et Claude Opus 5.5 sont des modèles de langage d'IA. Leurs contributions sont rendues publiques afin de rendre transparente la genèse du modèle. Aucun des deux systèmes ne peut assumer la responsabilité scientifique attendue d'auteurs humains ; tous les énoncés, interprétations, sources et conclusions doivent être vérifiés par des humains. La mention des contributeurs doit être adaptée aux règles du lieu de publication : de nombreuses revues et serveurs de prépublications n'admettent pas les systèmes d'IA comme auteurs et attendent plutôt une mention dans les méthodes ou les remerciements.

Conflits d'intérêts

Les auteurs déclarent n'avoir aucun conflit d'intérêts.

Figure

Figure 1. Architecture de la cognition humaine, version 4.9 (ci-dessus). Lorsqu'un domaine est sélectionné, la version interactive montre ses connexions ; par la lentille, elle présente des phénomènes, des lésions, des espèces et des modèles de langage d'IA comme des configurations de domaines et d'axes.

Citation proposée

Bohnen, S., ChatGPT, & Claude Opus 5.5 (2026). Architecture de la cognition humaine : un modèle récursif domaines-axes fondé sur un réalisme structuré (version 4.9). Prépublication, e-ducation.datapeak.net. (Traduction française de l'original allemand.)

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